Rentrée scolaire : de la musique et quatre mesures pour bâtir l’école de la confiance

 
 
Rentrée scolaire : de la musique et quatre mesures pour bâtir l’école de la confiance

La rentrée scolaire a lieu le 4 septembre, marquée par les quatre mesures fortes portées par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale. Objectif de ces réformes : bâtir l'École de la confiance.

Lundi 4 septembre, des milliers d’élèves ont repris le chemin de l’école. Cette année, le ministre de l’Education nationale, a souhaité mettre la musique au cœur de ce rendez-vous.

De quoi s’agit-il ?
Il s'agit de proposer aux élèves d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue.
La chorale et/ou l'orchestre des écoles maternelles et primaires, du collège ou du lycée sont au cœur de l'organisation de cet événement. Les élèves et les parents musiciens sont aussi associés à ce temps fort de même que le milieu associatif et les collectivités locales. Cette opération se réalise en lien étroit avec le ministère de la Culture.

Bâtir l’école de la confiance

Mesure 1 : 100% de réussite au CP

Le président de la République a fait le choix de combattre la difficulté scolaire dès les premières années de l'école et en soutenant les élèves les plus fragiles. Cela se traduit notamment par le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans l'éducation prioritaire.

Pourquoi dédoubler les classes de CP en REP+ ?
Il faut agir à la racine pour combattre la difficulté scolaire, c'est-à-dire dès les premières années des apprentissages fondamentaux (CP et CE1). À la rentrée 2017, le choix est de concentrer l'effort là où c'est le plus nécessaire : dans les classes de CP des REP+. L'objectif dans lequel s'inscrit cette mesure est "100% de réussite en CP" : garantir, pour chaque élève, l'acquisition des savoirs fondamentaux - lire, écrire, compter, respecter autrui.

Combien de classes sont-elles concernées ?
Près de 2 500 classes seront dédoublées et un peu plus de 2 500 postes seront redéployés.

Comment cette mesure a-t-elle été mise en place ?

  •  Là où les locaux le permettent, les classes de CP ont été dédoublées.
  •  Là où les locaux ne le permettent pas, deux enseignants interviendront, en petits groupes, dans la même salle de classe.
  •  Là où c'est possible, des premiers dédoublements auront lieu également en REP.

Le dédoublement des classes de CP en REP+ ne signifie pas la suppression du dispositif "Plus de maîtres que de classes". Hors REP+, ce dispositif va être recentré sur les niveaux CP/CE1 pour lesquels il a été créé. Les deux dispositifs seront évalués durant l'année scolaire 2017-2018.

Comment les professeurs vont-ils s’adapter ?
Les professeurs bénéficieront d'une formation adaptée à ce nouveau contexte d'enseignement. Fin juin, un séminaire national réunissant les Inspecteurs de l'Éducation nationale impliqués a permis de poser les jalons d'une formation solide pour ces professeurs.

Ce dispositif a-t-il été tenté dans d'autres pays ? Avec quels résultats ?
Oui, cela a été testé ailleurs, avec des résultats très proches, ce qui est très encourageant (Etats-Unis, Danemark)

Mesure 2 : adapter les rythmes scolaires

Le président de la République a indiqué qu'il souhaitait redonner de la liberté dans l'organisation des rythmes scolaires.
L'objectif premier est de donner aux acteurs de terrain davantage de souplesse dans l'organisation de la semaine scolaire afin de s’adapter aux contextes locaux, dans le souci constant de l'intérêt des enfants.

Quelles possibilités offertes aux acteurs ?
L'approche proposée a offert des possibilités nouvelles aux acteurs locaux sans rien retrancher à celles qui existent actuellement :

  •  Là où les communautés éducatives et les communes sont satisfaites de l'organisation actuelle, elles peuvent tout à fait continuer à fonctionner selon les mêmes modalités.
  •  Là où émerge un consensus local entre conseils d'école, municipalité et Inspecteur d'académie en faveur d'une autre organisation, une dérogation aux cadres existants a été mise en place.

Existe-t-il des études sur les impacts de la journée de 4 jours ou de 4,5 jours sur l'apprentissage des enfants ?
Les études montrent que les effets de l'aménagement du temps scolaire - sur 4 jours ou 4,5 jours - sont négligeables, voire nuls, sur les résultats des élèves. Mais, conformément à la méthode retenue, une évaluation scientifique des différentes modalités d'organisation du temps scolaire sera conduite durant l'année scolaire 2017-2018.

Pour préparer la rentrée 2017, consultez et téléchargez les horaires de l'école de votre enfant :
http://www.education.gouv.fr/horaires-ecoles

Mesure 3 : aménager la réforme du collège
 
La rentrée 2017 marque une nouvelle étape dans l’organisation des enseignements du collège. Ses objectifs ? Répondre le mieux possible aux besoins des élèves, enrichir l’offre d’enseignement, proposer une ouverture sur l’Europe et sur le monde et valoriser les racines culturelles.

Quel est le calendrier ?
Les collèges qui le souhaitent peuvent s'organiser dès la rentrée 2017, mais ont aussi la liberté de le faire aux cours des rentrées suivantes. Les collèges qui se satisfont de l'organisation actuelle peuvent la conserver.

Faut-il revenir sur la réforme dans son entier ?
Certains aspects de la réforme du collège, comme l'interdisciplinarité, la marge de manœuvre laissée aux établissements pour organiser les enseignements, l'enseignement d'une seconde langue vivante dès la classe de cinquième vont dans le bon sens et seront maintenus. Cependant, cette réforme contenait des aspects qui contredisaient les objectifs poursuivis : la suppression, de manière verticale, de dispositifs qui fonctionnaient bien, comme les classes bilangues, les sections européennes et un véritable enseignement de latin et de grec.

Une dotation horaire est-elle maintenue à la disposition des établissements ?
Une dotation de trois heures par semaine et par division est mise à disposition des établissements pour favoriser le travail en groupes à effectifs réduits et les interventions conjointes. En outre, elle peut être utilisée pour proposer un ou plusieurs enseignements facultatifs.

Les collèges auront-ils le choix ?
Les collèges qui veulent garder leur organisation pédagogique le peuvent. Les établissements qui souhaitent faire évoluer l'organisation pour mettre en place un véritable enseignement de latin et de grec, développer les classes bilangues ou les sections européennes, peuvent le faire.

Cela ne va-t-il pas entraîner des inégalités entre les collèges ?
Aujourd'hui, le système scolaire français est le plus inégalitaire de toute l'OCDE ; il faut sortir du mythe d'une uniformité qui garantirait l'égalité. L'autonomie est une bonne chose dès lors qu'elle signifie liberté et confiance aux acteurs de terrain pour régler les difficultés des élèves. Demain, les équipes et leur chef d'établissement auront davantage de souplesse dans l'élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d'une responsabilisation accrue et d'une évaluation plus régulière. L'autonomie, c'est aussi réaffirmer la place de l'État : se concentrer davantage sur la définition du cadre national et la vérification de l'atteinte par tous des objectifs fixés, que sur une volonté de gestion du moindre détail.

Qu’est-ce qui change pour les langues vivantes dans les enseignements obligatoires ?
Un enseignement commun ou un enseignement complémentaire peut à chaque niveau être dispensé dans une langue vivante étrangère, ou régionale, à la condition que l’enseignement en langue étrangère, ou régionale, ne représente pas plus de la moitié du volume horaire de l’enseignement considéré.
Exemple : sur les 3 heures d’histoire-géographie dispensées en classe de quatrième, 1 heure 30 peut se faire dans une langue vivante étrangère ou régionale.

Comment sont répartis les volumes horaires des enseignements obligatoires en 6e, 5e, 4e et 3e ?

Découvrez les horaires par cycle au collège

En quoi les enseignements facultatifs permettent-ils de renforcer les langues vivantes ?
L’offre d’enseignement des langues vivantes est enrichie.

  •  En classe de 6e, une deuxième langue vivante étrangère, ou régionale, peut être proposée.
     - Ce dispositif bilangue peut dorénavant être établi sans obligation de continuité avec l’enseignement des langues proposées dans l’école d’origine.
     - Les efforts pour développer des bilangues de continuité entre l’école et le collège ont bien sûr vocation à être poursuivis.
     - Le cas échéant, l’enseignement des deux langues se fait jusqu’à 6 heures hebdomadaires.
  •  Dès la 6e, les collèges peuvent proposer un enseignement de langues et cultures régionales jusqu’à 2 heures hebdomadaires.
  •  À partir de la 5e, les collèges peuvent proposer un enseignement de langues et cultures européennes, s’appuyant sur l’une des langues vivantes étrangères étudiées, jusqu’à 2 heures hebdomadaires.

En quoi permettent-ils de renforcer l’enseignement du latin et du grec ?
En classe de 5e, les collèges peuvent proposer, jusqu’à 1 heure hebdomadaire, un enseignement de latin et/ou de grec. Cet enseignement est proposé jusqu’à 3 heures hebdomadaires pour les classes de 4e et de 3e.

Mesure 4 : instaurer le programme "devoirs faits"

Le programme "devoirs faits" propose aux élèves des études dirigées après la classe.

Pourquoi se préoccuper des devoirs ?

Chaque enfant doit travailler individuellement, au calme, pour faire ou refaire des exercices, apprendre ou réapprendre ses leçons, exercer sa mémoire, travailler son sens de l'analyse.

Ce qui est proposé
 Il peut y avoir des devoirs ; ils doivent pouvoir être faits, gratuitement et si les familles en formulent la demande, au sein de l'établissement grâce à un temps d'études accompagné.
 Son déploiement dans les écoles et les collèges sera progressif sur les rentrées 2018, 2019 et 2020. L'objectif est de s'appuyer sur les expériences qui fonctionnent, notamment dans l'éducation prioritaire, et de mobiliser l'ensemble des acteurs susceptibles de concourir à cette ambition :

  •  enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires ;
  •  réorientation de l'action des assistants d'éducation au collège ;
  •  recours au service civique et aux associations qui interviennent déjà sur ce champ (via une labellisation par ministère de l'Éducation nationale) ;
  •  mobilisation de retraités et d'étudiants ;
  •  mobilisation de la réserve citoyenne de l'Éducation nationale.
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